Organiser un concert en plein air : autorisations, son et sécurité
Publié le · 9 min de lecture
Un groupe local sur la place du village, un concert caritatif dans le parc, une scène ouverte pour la fête de la musique : le concert en plein air est le plus simple des spectacles à imaginer, et l'un des plus piégeux à organiser. Voici les autorisations à demander, les règles de son à connaître et les erreurs d'implantation qu'on ne fait qu'une fois.
Quelles autorisations pour un concert en plein air ?
Sur l'espace public, l'autorisation du maire pour occuper le lieu, souvent assortie d'horaires. S'y ajoutent la déclaration à la Sacem, l'autorisation de buvette si vous vendez à boire, et la déclaration au maire si l'événement est payant et dépasse 1 500 personnes. Prévenez la mairie au moins un mois avant.
Sur un terrain privé, l'autorisation d'occuper la voie publique n'est pas nécessaire, mais le reste s'applique : Sacem, buvette, sécurité, bruit. Et le voisinage, lui, ne fait pas la différence entre un concert sur la place et un concert dans le pré d'à côté.
Une association peut-elle organiser un concert ?
Oui, sans formalité d'entrepreneur de spectacles tant que ce n'est pas son activité principale et qu'elle reste sous six représentations par an. Si elle paie des artistes ou des techniciens, elle les déclare par le Guso. Elle déclare aussi le concert à la Sacem et souscrit une assurance adaptée.
Ces règles valent quelle que soit la cause : un concert caritatif reste un spectacle. Ce qui change, c'est l'usage des recettes, et la communication que vous pouvez faire autour.
Comment rémunérer les musiciens ?
Un musicien professionnel est présumé salarié de l'organisateur : une association qui l'engage directement passe par le Guso, qui gère contrat, déclaration et cotisations. Si le groupe a sa propre structure, celle-ci vous facture la prestation par un contrat de cession. Des musiciens amateurs bénévoles peuvent jouer gratuitement.
Le flou le plus courant, c'est l'enveloppe « pour l'essence » remise à un groupe de professionnels. Ce n'est ni un salaire déclaré, ni un défraiement justifié. Mieux vaut une vraie fiche de paie par le Guso, même modeste.
Quel volume sonore est autorisé pour un concert en plein air ?
Le niveau ne doit pas dépasser 102 décibels pondérés A et 118 décibels pondérés C, en moyenne sur 15 minutes, en tout point accessible au public. Ces règles, issues d'un décret de 2017, valent aussi en plein air. L'organisateur doit informer le public, proposer des protections auditives et prévoir une zone de repos.
- Demandez à votre sonorisateur de mesurer et d'enregistrer les niveaux pendant le concert : c'est aussi votre preuve en cas de plainte.
- Mettez des bouchons d'oreille à disposition à l'entrée ou au bar, gratuitement.
- Prévoyez un espace où le niveau sonore est nettement plus bas : une buvette en retrait, un coin à l'écart de la scène.
- Fixez une heure de fin et tenez-la : c'est souvent la condition posée par la mairie.
Où placer la scène ?
Orientez la scène pour que les enceintes envoient le son vers le public et loin des habitations, posez la régie face à la scène au milieu du public, gardez l'arrière de la scène accessible aux véhicules pour le chargement, et laissez libre la voie des secours sur tout le site.
- Dos de la scène vers les maisons, si le terrain le permet : le son part surtout vers l'avant.
- Une zone technique fermée derrière la scène : loges, matériel, groupe électrogène à l'écart.
- Une barrière devant la scène si le public est debout et nombreux.
- Le bar et les toilettes sur les côtés, pas dans l'axe de la scène : les files d'attente ne doivent pas couper la foule.
- Un éclairage des allées et des sorties pour la fin de soirée.
Et s'il pleut ?
Décidez avant le jour J de ce qui se passe en cas d'orage : à partir de quelle alerte on coupe la scène, où on abrite le matériel, si on reporte ou si on annule, et qui prend la décision. Un plan de repli dans une salle, même plus petite, sauve bien des concerts d'été. Prévenez vos artistes et vos bénévoles de ce scénario : ils doivent savoir quoi faire sans attendre vos consignes.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer un concert à la Sacem ?
Oui, dès que des œuvres protégées sont jouées ou diffusées en public, y compris pour un concert gratuit ou caritatif. Faites la déclaration avant l'événement plutôt que de régulariser après coup.
Jusqu'à quelle heure peut durer un concert en plein air ?
Il n'existe pas d'heure nationale unique : c'est le maire qui fixe les horaires dans son autorisation, et un arrêté municipal ou préfectoral peut encadrer le bruit la nuit. Négociez l'heure de fin dès la demande, et respectez-la.
Peut-on vendre de la bière pendant un concert associatif ?
Oui, avec une autorisation de buvette temporaire du maire : boissons sans alcool et boissons fermentées (bière, vin, cidre) seulement, dans la limite de cinq autorisations par an pour une association.
Faut-il des agents de sécurité pour un concert ?
Pas automatiquement : la mairie ou la préfecture peut l'exiger selon l'effectif et la configuration. L'inspection des sacs et la palpation à l'entrée sont réservées à des agents de sécurité professionnels ; des bénévoles peuvent accueillir et orienter le public.
Un concert caritatif est-il dispensé de démarches ?
Non. Les règles du spectacle, de la Sacem, de la buvette et de la sécurité s'appliquent de la même façon. La différence tient à l'utilisation des recettes, que vous devez pouvoir justifier.
Sources
- Code du travail numérique — Article L7122-19 (organisateurs occasionnels)
- Associathèque — Organiser une manifestation : recourir au Guso
- Décret n° 2017-1244 du 7 août 2017 sur les sons amplifiés (préfecture d'Indre-et-Loire)
- Banque des Territoires — Les lieux de musiques amplifiées et les festivals vont devoir baisser d'un ton
- Associathèque — Manifestations festives : de la buvette à la restauration
Ce guide donne des repères généraux. Les exigences précises dépendent de votre mairie, de la préfecture et du service départemental d'incendie et de secours : vérifiez-les auprès d'eux.